Justice : Affaire cartes visas : Panique et psychose chez les Kabilistes impliqués !

Le 20 Novembre dernier, la ministre d’Etat de la Justice a saisi dans une correspondancle procureur général près la Cour de cassation pour qu’une action judiciaire soit diligentée au sujet de tous bénéficiaires suspects et indus, concernant l’affaire des cartes visas.
Avec l’éclatement du Congo hold up, l’enquete risque de prendre une toute nouvelle tournure, au grand dam des membres du clan Kabila.

174 millions de francs congolais, c’est à cette hauteur qu’est évalué l’argent dilapidé  par  plusieurs hauts cadres des institutions sous Kabila au moyen de ces cartes bancaires liées directement au compte du Trésor, et délivrées par  Rawbank et imputé au compte suspens débiteur État de la Banque centrale du Congo.

« Celle-ci n’ayant pas produit de révélés de paiement a fait peser sur elle une forte présomption  que ses cadres également seraient comploteurs », avait  fait savoir l’IGF Jules Alingete au ministre  des  Finances Nicolas Kazadi dans une lettre du 24 mai dernier.

La fuite de Kikaya Bin Karubi était-elle révélatrice ?

Après ces révélations, un des proches de Joseph Kabila cité dans cette affaire n’a pas mis beaucoup de temps pour s’en fuir à l’étranger par le Kongo central. Invité à se présenter au cabinet de travail de l’avocat général du Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe le 25 juin au sujet de sa plainte pour diffamation contre le journaliste Israël Mutombo sur cette affaire de Cartes visas, le plaignant ancien conseiller de Joseph Kabila  et homme fort du régime a quitté Kinshasa dans la nuit du 23 au 24 juin dernier.

Il a d’abord rallié Muanda, dans la province du Kongo-Central, avant de se diriger  en bateau, vers un village de pêcheurs angolais nommé Nganda Kosa, entre la RDC, l’Angola et l’enclave de Cabinda. C’est à partir de cet  endroit qu’il a gagné Luanda où il a  décollé  vers   l’Éthiopie pour enfin  rejoindre son lieu actuel de résidence, dans un pays d’Afrique australe, rapportent plusieurs sources concordantes.

En cavale, il est devenu ami des médias étrangers autrefois critiqués pour leur partialité dans le traitement des informations.

Balayant d’un revers de la main les conclusions de l’enquête de l’Inspection générale des finances, Kikaya  bin Karubi (66 ans) a laissé entendre à la communauté tant nationale qu’internationale que l’actuel régime en voulait à sa vie pour ses prises de position sur la gestion du pays. Son  texte fustigeant la politique diplomatique du président congolais serait selon lui la goutte qui a fait déborder la vase.

Kikaya n’est pas le seul à être cité. Parmi les 32 autres  personnes figurant sur la liste, on retrouve  plusieurs anciens ministres à l’instar de Pépin Guillaume Manjolo (Coopération régionale), José Sele Yalaghuli (Finances), Marie Tumba Nzeza (Affaires étrangères), tous membres du gouvernement de Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Le  général François Olenga, chef de la maison militaire de Joseph Kabila, l’ancien président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku, et l’ex-ambassadeur itinérant Séraphin Ngwej…allongent la liste.

Félix Tshisekedi battrait-il le fer quand il est chaud ?

À en croire certains  observateurs, le moment le plus propice pour Félix Tshisekedi d’en finir avec Kabila a sonné. Les deux rapports sur les Cartes visas et Congo Hold-up lui donnent suffisamment d’arguments pour se débarrasser de son prédécesseur dont les velléités pour revenir à la magistrature suprême demeureraient  tangibles. Une carte à jouer  qui dédouanerait Félix Tshisekedi de toutes  les médisances le qualifiant d’un allié  « sur deal » de Joseph Kabila de qui il aurait reçu le pouvoir.

Tshisekedi serein ou  muet ?

Le calme de Félix Tshisekedi depuis l’annonce de ces révélations troublantes est interprété de plusieurs façons dans l’opinion. Si pour certains, la séparation des pouvoirs ne lui permet pas de s’immiscer, d’autres par contre soutiennent que son point de vue n’est pas non plus une infraction.

Pour avoir déjà émis un mot sur l’arrestation de Vital Kamerhe, son ancien directeur de cabinet, arrêté au terme du procès 100 jours, Félix Tshisekedi devrait donner son avis dans le sens d’encourager la justice à dire le droit. Son silence  traduirait, selon certains analystes, un désintéressement coupable sur des dossiers aussi sensibles du pays.

Par Junior-Gradel IKA